Ajouter une police à une liseuse Kobo

NB : Cette méthode a été testée sur une Kobo Glo HD, mais doit également fonctionner pour de nombreux autres modèles de la marque.

À la base, ajouter une nouvelle police de caractère est très simple, mais il y a quelques subtilités à comprendre concernant la manière dont le système de la Kobo va récupérer le nom de votre police pour la proposer dans sa liste déroulante, et comment, lorsque vous sélectionnez ce nom, il fait le lien avec les bons fichiers TTF ou OTF.

Création d’un dossier fonts dans la liseuse

En premier lieu, il faut connecter la liseuse à un ordinateur. Pour ce faire, connecter la liseuse via un câble USB. Sur l’écran de la liseuse apparaît une fenêtre demandant s’il faut se connecter à l’ordinateur. Une fois que vous aurez donné l’accord, la liseuse apparaîtra dans la liste des périphériques de l’ordinateur, à la manière d’une clé USB.

Il faut créer un dossier nommé “fonts” dans la racine de la liseuse.

Le dossier fonts est créé dans la liseuse.
Le dossier fonts est créé dans la liseuse.

C’est dans ce dossier que l’on copiera les fichiers “TTF” ou “OTF” de la police qu’on voudra ajouter.

4 variantes

Je parle bien de plusieurs fichiers par police, car il est nécessaire d’implémenter les quatre variantes typiques, 2 graisses différentes se déclinant en écriture romaine et italique :

  • Regular (romaine avec graisse normale),
  • Italic (italique avec graisse normale),
  • Bold (romaine avec graisse plus élevée),
  • Bold Italic (italique avec graisse plus élevée).
Les variantes regular, italic, bold et bold italic (police Andada)
Les variantes regular, italic, bold et bold italic (police Andada)

En cas d’absence de variante, le système optera pour une autre police si il est appelé à afficher du texte selon cette variante, ce qui pourra donner des résultats disgracieux.

De l’importance du nom de la famille

Le nom de la famille est une information stockée comme métadonnée dans le fichier de police. C’est ce nom que le système de la liseuse va récupérer dans chaque fichier déposé dans le dossier “fonts” pour constituer la liste des polices installées.

Ensuite, lorsque l’utilisateur sélectionne un nom de police, le système fait le lien avec le bon fichier de police en se basant sur le nom du fichier (et non la métadonnée). Il faut donc que le nom du fichier soit cohérent avec le nom de la famille de police des métadonnées.

Le nom du fichier doit être du type :

[NomDePolice]-[Variante].[ttf ou otf]

En outre le nom des fichiers ne doit pas comporter d’espace.

Ainsi pour la police “Liberation Serif” :

  • LiberationSerif-Regular.otf
  • LiberationSerif-Italic.otf
  • LiberationSerif-Bold.otf
  • LiberationSerif-BoldItalic.otf

De la cohérence des métadonnées

Généralement les 4 fichiers d’une police portent le même nom de famille dans les métadonnées. Malheureusement, il arrive que le nom de la variante soit inclus dans le nom de la famille. Ce cas de figure perturbe le fonctionnement de la liseuse.

Si on reprend l’exemple précédent, le cas typique de non cohérence est :

  • LiberationSerif-Regular.otf contient comme nom de famille : “Liberation Serif”
  • LiberationSerif-Italic.otf contient comme nom de famille : “Liberation Serif Italic”
  • LiberationSerif-Bold.otf contient comme nom de famille : “Liberation Serif Bold”
  • LiberationSerif-BoldItalic.otf contient comme nom de famille : “Liberation Serif Bold Italic”

Si on met ces 4 fichiers dans la liseuse, on verra apparaître dans la liste des polices les 4 noms : “Liberation Serif”, “Liberation Serif Italic”, “Liberation Serif Bold” et “Liberation Serif Bold Italic”.

Si on sélectionne le premier, tout se passe bien : à partir du nom “Liberation Serif”, le système retrouve les 4 fichiers auxquels le nom correspond.

Par contre, si on sélectionne un des trois autres, le système ne trouve pas de fichier correspondant, et la police ne s’affiche pas (ou plutôt le système va opter pour une autre police). Par exemple si on sélectionne “Liberation Serif Italic”, le système cherchera sans succès des fichiers nommés “LiberationSerifItalic-Regular”, “LiberationSerifItalic-Italic”, etc…

Comment connaître le nom de famille ?

Le nom de famille, comme cela a été dit précédemment, est une métadonnée, c’est-à-dire une information concernant la police stockée à l’intérieur même du fichier.

Et là il y a un piège, car il n’y a pas une, mais deux métadonnées contenant le nom de famille !

D’une part il y a la “famille de police” (font family), qui est toujours renseignée dans les fichiers de police et qui peut rassembler jusqu’à 4 variantes (les classiques regular, italic, bold et bold italic).

D’autre part il y a la “famille typographique” (typographic family), plus récemment apparue et pas toujours renseignée. Quand elle n’est pas renseignée, c’est la “famille de police” qui fait foi. Son avantage est qu’elle peut regrouper plus de 4 variantes.

La métadonnée que la liseuse Kobo utilise est toujours la “famille de police”, même en cas de présence de la “famille typographique”.

Si vous êtes sous Windows (du moins sous Windows 7), l’aperçu de police affiche également la “famille de police”. C’est donc un moyen simple pour avoir la bonne information : double-cliquer sur le fichier de police, et voir le nom.

La famille Blogger Sans au grand complet. Les variantes light et medium ont une famille de police différente
La famille Blogger Sans au grand complet. Les variantes light et medium ont une famille de police différente

Par contre sous Linux (du moins sous Linux Mint avec Cinnamon), l’aperçu de police affiche la “famille typographique”, et ne se base donc pas sur la même info que la liseuse.

Sous Linux Mint, la même famille Blogger Sans : tous ont la même famille typographique
Sous Linux Mint, la même famille Blogger Sans : tous ont la même famille typographique

Pour visualiser la “famille de police” sous Linux, on peut activer la police dans le système, puis utiliser un traitement de texte (comme LibreOffice Writer) et voir la liste des polices installées :

Sous LibreOffice, on voit les 3 valeurs de famille de police pour "Blogger Sans"
Sous LibreOffice, on voit les 3 valeurs de famille de police pour « Blogger Sans »

Les variantes n’ont pas le même nom de famille, que faire ?

Si les 4 fichiers de variante de la police qui vous intéresse ne portent pas le même nom de famille, il faudra en passer par un éditeur de police, comme FontForge, afin de modifier les métadonnées. La démarche est simple, et est expliquée ici.

Pour reprendre l’exemple de “Blogger Sans” illustré par les captures ci-dessus, l’utilisation des variantes “Regular”, “Italic”, “Bold” et “Bold Italic” ne nécessitera pas d’intervention sur les métadonnées. Par contre si vous estimez que la  variante “Medium” est plus lisible car plus contrastée, il faudra renommer la famille de police de “Blogger Sans Medium” en “Blogger Sans” pour les variantes “Medium” et “Medium Italic”.

Jouer avec les variantes

Le fait que la liseuse ne se base que sur le nom des fichiers pour récupérer une variante de police permet de jouer avec ces variantes.

Par exemple, si vous avez envie de lire un livre en italique, vous pouvez inverser les fichiers de variante, en nommant “xxx-Regular” le fichier contenant la variante italique et “xxx-Italic” le fichier contenant la variante normale. Le corps de texte normal du livre apparaîtra en italique, tandis que les passages normalement rendus en italiques apparaîtront en écriture romaine !

De même on pourra facilement jouer avec les niveaux de graisse : certaines polices se déclinent en de nombreuses variantes, par exemple Ultralight, Extralight, Light, Regular, Medium, Semi-Bold, Bold, ExtraBold, Black… Si la variante “Regular” est trop grasse à votre goût, pourquoi ne pas utiliser la variante “Light” comme variante standard et “Semi-Bold” à la place du “Bold” ?

Certaines polices se déclinent également en largeurs différentes (Condensed, SemiCondensed Normal, Extended…), voire combinent les variantes de largeurs et de graisse : on peut alors choisir sur mesure sa variante préférée.

Fin d’installation

Je referme cette parenthèse sur les familles et les variantes ; une fois les fichiers correctement nommés copiés dans le dossier “fonts” de la liseuse, il ne reste plus qu’à la déconnecter de l’ordinateur : la police est disponible pour utilisation.

Pour résumer simplement la démarche :

  1. Connecter la liseuse à un ordinateur ;
  2. Créer un dossier “fonts” ;
  3. Vérifier le nom de famille des 4 variantes de la police à installer ;
  4. Nommer les fichiers de police en fonction du nom de famille ;
  5. Transférer les fichiers dans le dossier “fonts” ;
  6. Déconnecter la liseuse.

Pour peu que votre police ait des noms de famille homogènes (ce qui est très souvent le cas, heureusement), l’installation d’une nouvelle police sur une liseuse Kobo est très simple.

Le prérequis à tout cela, évidemment, est d’avoir trouvé une bonne police à installer… En premier lieu une police suffisamment complète.

 

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